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         Les explosions étaient de plus en plus fortes. La fumée des obus était opaque, et épaisse. Mes yeux me brulaient. Mes camarades tombaient, s’écroulaient, hurlaient de douleur sous mes yeux… Je ne pouvais rien faire. J’étais paralysé. La crosse de mon fusil avait déjà vibrée plusieurs fois à cause des détonations devenues importantes depuis peu. Mon fusil… Je ne l’avais utilisé que quatre fois. Trois fois contre des soldats Allemands, et l’autre fois j’avais raté ma cible. Je courais. Des gouttes froides coulaient le long de mes tempes. J’avais froid au cœur. Oui, froid. Avec toutes ces horreurs ça ne m’étonnait pas. Je m’écroulais. Je constatais avec dégout que j’avais trébuché sur un cadavre. Je me relevais, en tremblant, et courais aussi vite que je pouvais. Mes yeux me piquaient. J’étais en sueur. Soudain, j’entendis, au loin, une énorme explosion : puis il n’y avait plus rien. Que du silence. Tout était mort. Hélas, je me trompais. J’entendis des pas derrière moi, mais avant même d’avoir eu le temps de me retourner, il y eu une nouvelle détonation. Mais cette fois-ci, ce fut différent. J’avais mal. Très mal. Je baissais les yeux : du sang. Du sang partout : sur mes habits, mes chaussures et mes mains. Je me sentis tomber. Le son, je ne le percevais plus. Je sentis mes paupières se baisser, un peu, un peu plus, puis tout fut noir.

     

     

     

    Texte écrit le 21/10/14

     


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